02.03.2008

tsunami et rave lacrymale

Il s'agit en fait d'un tsunami qui ne concerne que mes pauvres cordes vocales : une bonne  grippe de derrière les fagots pour m'empêcher de poster, moi qui aime bien les transports (en dehors de ceux occasionnés par les vagues de Pluket). Deux semaines donc à contempler les plafonds des pièces de la maison et à compter, sur les chaînes de télévision (comme on dit sur les doigts),les milliards (en fait il y en a combien?) de dollars destinés aux sinistrés asiatiques. Et cette interrogation lancinante : après l'Asie, serait-ce le Moyen Orient la prochaine rave lacrymale mondiale?. On disait Bush rassasié par le double mandat et que ce second passage à la Maison Blanche permet généralement aux réélus de peaufiner leur politique internationale, histoire de laisser un petit quelque chose de sympathique pour la prospérité. Powell, sur le départ, a raté une occasion de nous montrer autre chose  que ce qu'il prétend être en nous serinant, sur l'air de vainqueur magnanime, la main sur le cœur et le doigt sur la couture du pantalon, que l'aide ira aussi aux populations musulmanes .Preuve, selon lui, que l'Amérique défend des valeurs universelles... de manière un peu particulière, mon cher!.

 

Ici bas, dans notre froide mais néanmoins heureuse terre marocaine, d'anciens bagnards de tazmmamart et d'ailleurs racontent qu'on leur a (encore) dit de ne pas raconter ce qui s'est passé et par qui ce qui est arrivé arriva; tout cela entre les quatre murs (d'un studio de télévision?)et sous les lumières des projecteurs, histoire de rappeler à ces ingrats que la vie est belle, à la télévision, et que le fait qu'ils soient encore à faire fructifier le marxisme-léninisme sur le dos des contribuables est la preuve que notre terre est bien heureuse, tsunami ou pas. Pendant que l'on s'extasie sur le chemin parcouru, par l'autre bout de la lorgnette, un petit clic, imperceptible même pour le cameraman adepte du panoramique, rappelle que la technologie n' a cure des raves lacrymales; son rap à elle, c'est le dispositif télévisuel qui tisse les manières d'apprécier ce que ce dispositif lui-même donne à voir chaque jour; ses samples, c'est la mise en spectacle, surtout des privations. En fin de compte, c'est le dispositif télévisuel qui a accompli un grand pas, comme il le fait chaque jour, vers plus de crétinisation. Après les bagnards de Tazmmamart, il y aura les filles-mères de Casablanca ou les chômeurs du devant le Parlement. A la prochaine rave!